Appel des 147 directeurs du 94 contre les EPSF

Avec, pour l'instant, le soutien du SNUipp-FSU 94 et du Snudi-FO 94...

Adjoint-es, directrices-teurs, nous apportons notre soutien à l'appel des 147 directeurs du Val-de-Marne contre la loi Blanquer en signant cette pétition :

Ni principaux adjoints, ni responsables de site, nous sommes et nous voulons rester directrices et directeurs d’écoles !

Directrices et directeurs d’écoles dans le Val-de-Marne, syndiqués au Snudi-FO, au SNUipp-FSU, ... ou non syndiqués, nous sommes solidaires et rassemblés dans l’unité avec tous nos collègues Professeurs des écoles pour exiger le retrait du projet de loi « école de la confiance ».

Nous avons pris connaissance de divers articles de presse, déclarations circulant sur les réseaux sociaux, voire même encore de réponses faites à l’Assemblée nationale qualifiant de « bobards », de « fake news », les conséquences de la mise en place de ce projet de loi sur les écoles et les directeurs.

Nous connaissons notre fonction, qui est définie par l’article L411.1 du code de l’Education et le décret n°89-122 du 24 février 1989 relatif aux directeurs d'école, et son importance pour le bon fonctionnement de l’école publique. Nous savons, car c’est ce que nous vivons tous les jours, qu’une école bienveillante, c’est avant tout une école à taille humaine où les adultes sont disponibles pour répondre aux besoins des enfants et aux attentes de leurs familles.

Nous savons aussi que les regroupements d’écoles n’ont jamais apporté de moyens supplémentaires. Au contraire, ils permettent de globaliser les effectifs et de supprimer des postes et fermer des classes. Il s’agit le plus souvent de diminuer les moyens qui existent dans chacun des établissements (et qui sont déjà de plus en plus insuffisants) au nom de la mutualisation.

La remise en cause de la fonction de directeur d’école pour lui substituer un principal adjoint est indissociable de l’offensive pour regrouper et fusionner les écoles à l’instar de la récente tentative de fusion des écoles maternelle et élémentaire Paul Vaillant Couturier de Villejuif pour constituer une école primaire de 21 classes avec 525 élèves. Tentative qui a été abandonnée face à la mobilisation massive des collègues décidant la grève dans toutes les écoles de Villejuif.

Directeurs d’écoles, nous sommes tous confrontés à des situations complexes qui nécessitent pour les résoudre du temps, de la patience, de l’énergie et une parfaite connaissance des enfants qui nous sont confiés et de leurs familles.

Ces situations sont démultipliées par le nombre d’élèves et de classes. Rappelons que nous assurons :

- la gestion des rendez-vous avec les familles au quotidien (rendez-vous qui se déroulent essentiellement le matin et le soir en dehors du temps de classe),

- les admissions des nouveaux élèves et accueil des enfants et leurs familles en maternelle,

- la mise à jour quotidienne pour chaque élève des informations figurant sur le logiciel ONDE (nouvelle version de Base élèves),

- l’accueil des familles dont les enfants présentent une situation de handicap,

- l’accueil des familles et des élèves non francophones,

- la gestion des Projets d’Accueil Individualisés et la transmission des informations au médecin scolaire et aux enseignants,

- la gestion des situations de conflits au quotidien,

- l’organisation pédagogique,

- l’organisation des équipes éducatives, de suivi pour les élèves en difficulté et élèves en situation de handicap,

- l’organisation des conseils des maîtres, conseils de cycles, conseils d’école,

- l’élaboration et le suivi des projets d’école,

- la gestion et l’organisation du service des ATSEM,

- la gestion du budget municipal consacré aux commandes de matériel,

- l’édition des volets 1 et 2 et la saisie des renseignements des élèves de CM2 sur AFELNET ainsi que la gestion des dossiers de dérogation

- la gestion des élèves des classes des enseignants non remplacés

- la gestion des informations avec les différents services municipaux : scolaire, restauration, services techniques...

- la transmission des informations émanant de l’Inspection académique,

- la responsabilité de la sécurité des bâtiments et de la sécurité des enfants : élaboration des PPMS (projet Particulier de Mise en Sureté), DUER (Document Unique d’Evaluation des Risques)...

Nous savons lire et nous savons ce que signifie le projet d’article L. 421-19-19 du code de l’Education (article 6 quater du projet de loi), qui stipule que : « Les établissements publics locaux d'enseignement des savoirs fondamentaux sont dirigés par un chef d'établissement qui exerce simultanément les compétences attribuées au directeur d'école par l'article L. 411-1 et les compétences attribuées au chef d'établissement par l'article L. 421-3. Un ou plusieurs chefs d'établissement adjoints, dont un au moins est chargé des classes du premier degré, exercent aux côtés du chef d'établissement."

Si les compétences qui sont aujourd’hui celles des directeurs (définies par l’article L411.1) étaient exercées demain par le principal et son adjoint, il est clair qu’il n’y aurait plus de professeur des écoles directeur d’école dans chaque école. C’est indéniable ! Et la consultation, voire l’approbation, de la constitution d’un EPSF par la communauté éducative n’y changera rien.

Nous ne sommes ni principaux adjoints, ni responsables de site, nous sommes professeurs des écoles chargés de direction et nous voulons le rester.

Nous voulons que cessent les tentatives de regroupements d’établissements scolaires (avec ou sans consultation de la communauté éducative) et que soit maintenu un directeur, avec toutes ses prérogatives, dans chaque école.

Nous voulons que les décharges indispensables pour les directeurs du Val-de-Marne qui ont été supprimées dans un ¼ des écoles du département depuis la rentrée scolaire 2018 par ceux-là mêmes qui nous invitent à leur apporter notre confiance, soient rétablies.

Nous voulons que le régime indemnitaire lié à la fonction de directeur soit revalorisé et que les aides administratives à la direction d’école soient rétablies.

Nous voulons, avec tous nos collègues professeurs des écoles, que le projet de loi mal nommé « école de la confiance » qui met en cause l’existence et les fondements de notre école publique républicaine, soit retiré.

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